Lundi 6 février 2012
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Les ouvriers de l'usine, selon leur spécialité, étaient requis pour les travaux d'aménagement du centre de vacances. Criel-sur-Mer et ses bérets oranges (*), pour les enfants du Familistère c'était plutôt « la vie de château », et pas n'importe lequel, s'il vous plaît ! C'est
dans une magnifique demeure thiérachienne, rebâtie au XIXe-XXe siècles sur des ruines féodales, le château de Wiège-Faty, que séjournaient les enfants du personnel de l'usine Godin. L'histoire de la demeure est officiellement assez succincte. Il se dit que le château fut assiégé en 1422 par Jean de Luxembourg, que Jeanne d'Arc y fut
prisonnière... L'actuel château de style gothico-renaissance a été achevé en 1909, un bel édifice occupé depuis plusieurs décennies par la famille Le Blanc et qui ne se visite pas. Il ne reste
plus de traces visibles des aménagements qui furent effectués pour les séjours des « enfants Godin ». La demeure fut acquise par la société Godin à la Libération. Le but était d'en faire un lieu
de vacances pour les enfants du personnel, familistèriens ou non.
Transport en camion
Albert Gauchet, cadre de l'usine, était le délégué chargé de la direction générale (technique et pratique) de ce centre de
vacances. Un instituteur de l'école Godin, M. Mahieux, résidant au Familistère, en assurait la gestion pédagogique « éclairée », selon les dires de Fernand Patte, référence historique fiable pour
l'histoire du Familistère. Et Fernand Patte de préciser : « Il nous reste quelques vestiges du château : la serre au jardin d'agrément, celle qui n'est pas vitrée, provient du château de Wiège le
bac à sable au « Familistère neuf », c'est un ancien bassin que nous avions démonté du château pour l'installer à Guise et le destiner à cet usage... Moi-même, j'ai séjourné au château avec les
Éclaireurs de France puisqu'une section y avait été créée au Familistère. » Quelques anciens ont même des souvenirs, assez vagues malgré tout. « Wiège-Faty est à une dizaine de kilomètres de
Guise, en direction de Vervins. Pour emmener les enfants, l'usine Godin affrétait un de ses camions de transport dans lequel des sièges et des bancs étaient provisoirement fixés. Le camion était
débâché sur les côtés et roulez jeunesse ! » C'est vers le début des années 60 que ce lieu de vacances a été abandonné par Godin pour redevenir une habitation privée.
(*) Les « colons de Criel », filles et garçons, étaient toutes et tous coiffés d'un béret orange vif lors des sorties.
Par Phil
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Publié dans : Chantereine
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